18 septembre 2017 Suzanne Sirois

Mots Sanskrits

Sanskrit verse from Bhagavad Gita

Certains professeurs de yoga refusent carrément d’utiliser des mots en Sanskrit dans leurs classes (arguant une appropriation culturelle), alors que d’autres se font un « malin plaisir » en nommant toutes les postures en Sanskrit, …du vrai chinois… euh… Sanskrit.

Les premières classes auxquelles j’ai assistées semblaient avoir trait à l’apprentissage des postures, ce qui me semblait bien normal, mais aussi à apprendre le lexique de la pratique. Des termes comme asâna (posture), prânâyâma (contrôle du souffle), dhristi (attention visuelle), semblaient voler autour, alors que tout le monde hochait la tête avec attention, rendant les premières classes intimidantes, à bien des niveaux…

En m’observant comme professeur maintenant, je découvre à ma grande surprise, que j’utilise plusieurs termes Sanskrit dans mes classes, ce qui est d’autant plus fascinant puisque je dois bien l’avouer, j’ai eu quelques difficultés avec l’examen des postures en sanskrit, lors de ma formation professorale … 😉

Ceci dit, ne vous inquiétez pas! Parler ou comprendre le Sanskrit n’est absolument pas nécessaire pour pratiquer le yoga (bien que, comme dans n’importe quelle langue, il y ait une signification particulière dans de nombreux mots qui amènent une compréhension complémentaire du principe évoqué).

Au fil du temps, je gage que vous commencerez à reconnaître et même utiliser les termes Sanskrit que vous aurez découverts dans vos classes.

Mais avant d’avoir envie d’amener votre traducteur pour la nouvelle session de yoga qui s’amorcent, ou si vous avez envie d’un faire un petit saut dans ce merveilleux monde du Sanskrit, voici une courte liste de termes que vous entendrez sûrement dans votre pratique :

15 TERMES COURANTS DE YOGA

Ahimsha : Non-violence. Première attitude sociale dans la philosophie du yoga proposé par Patanjali (yama).  Ce mot signifie aussi bienveillance, considération, respect des différences, envers les êtres, les choses et soi-même.  Ne pas faire de tort aux autres, ni à soi-même, en pensée ou en action. Un beau programme, non?

Asana: Asana signifie «posture assise» ou «posture» et est souvent placé à la fin d’un nom de posture spécifique, comme adho mukha svanasana (posture du chien tête en bas) et shavasana (posture de repos).  Il s’agit du plus connu des membres du Yoga en Occident, pourtant le 3e membre d’une série de 8 membres dans l’Ashtanga Yoga.

Ayurvéda : En sanskrit,  » Ayur  » signifie la vie, et  » Veda  » la science ou la connaissance. Créée par les Sages de l’Inde classique, l’Ayurvéda peut donc se traduire littéralement par « connaissance de la vie ou de la longévité « . La particularité de l’Ayurvéda est celle d’une médecine holistique. Mais bien plus qu’un système de santé, c’est un art de vivre complet qui prend en compte tous les aspects de l’être humain, de ceux, plus abstraits et transcendantaux, de l’existence, jusqu’à ceux, plus matériels et concrets, du corps physique. C’est un moyen de comprendre sa vraie nature en profondeur.

Drishti: Le regard yogique ou l’attention concentrée. Alors que vos apprentissages anticipés se concentreront sur le positionnement du corps, vous apprendrez vite que, lorsque vous dirigez votre regard, vous jouez un rôle important dans la maîtrise d’un asana et de la méditation. Ce sera l’une des directions clés que vos professeurs de yoga vous conseilleront pendant les cours, notamment dans certaines positions d’équilibre comme l’arbre ou le guerrier III.

Doshas:  Les trois énergies vitales combinant les 5 éléments (espace, air, feu, eau, terre) que l’on retrouve dans l’ayurvéda, y compris vata (le mouvement), pitta (la transformation)  et kapha (la préservation).  Les doshas sont responsables des processus physiologiques et psychologiques. Leur déséquilibre est considéré comme la cause des maladies.

Karma : Définir le mot Karma en un paragraphe n’est pas si simple. D’abord, il y a le mot Karma et le concept de la roue du Karma.  A lui seul, on pourrait écrire des pages et des pages à son sujet. Le mot Karma veut dire l’action.  Cette action engendre des fruits (phala), des traces (âshâya) et des habitudes (samskara) qui nous fait refaire une action.  Or, si on change l’action de manière intentionnelle ou pas(Karma), d’autres fruits… d’autres traces… d’autres habitudes se manifesteront…  De quoi vouloir choisir nos actions judicieusement…

Mantra: Le mantra est une formule condensée constituée d’une série de sons répétée de nombreuses fois suivant un certain rythme. Ce terme provient du verbe Sanskirt « man » signifiant « penser » et de « trâna » qui veut dire « protection ».  Le mantra est donc une formule mentale qui protège et que l’on utilise notamment avec les postures de yoga, ou durant la méditation, afin de calmer le mental.

Mudra: Le terme « mudra » vient du sanskrit et signifie « sceau ». Mais si on le décompose, il est intéressant de noter que le mot « mud » signifie joie, et « ra », déclencher.  Il s’agit généralement d’une posture statique du corps ou de gestes de la main qui visent à favoriser une stabilité mentale. Ils nous permettent de tirer parti de nos dix doigts pour faire entrer davantage d’énergie dans notre vie, apaiser le corps comme l’esprit et venir à notre secours pour régler des problèmes précis.

Patanjali: Le nom d’un Sage à qui l’on attribue plusieurs ouvrages: la grammaire sanskrite, les Yoga Sutra (philosophie du yoga) ainsi que l’ayurvéda (médecine indienne).  Certains spécialistes pensent qu’il aurait vécu au 2ème siècle av. J. -C., ce qui pourrait faire de lui un personnage de la Renaissance. Comme le mentionnait Richard Rosen dans son article du 23 juin 2015 dans le magazine Yoga Journal France : « À l’ère des professeurs superstars et leurs écoles de yoga éponymes, il semble étrange d’en savoir si peu sur Patanjali. Mais l’anonymat est une des caractéristiques des grands sages de l’Inde ancienne. Ils estimaient que leur enseignement était le résultat d’un effort collectif sur plusieurs générations et refusaient de s’en attribuer tout le mérite. Ils préféraient souvent attribuer le travail à un autre maître plus âgé. »  Inspirant, non?

Prânâyâma: La respiration contrôlée et le souffle dans le yoga. Il constitue la 4e branche du yoga. Ce terme est constitué des mots « prana » qui se traduit par énergie et « ayama » que l’on peut traduire comme vitalité. Comprendre et maîtriser prânâyâma est aussi important que de maîtriser les exigences physiques des asanas et des autres branches du yoga. Par  contre,  il  ne  faut  pas  penser  seulement  en  terme  de  dynamisme  et  de  performance  mais  de  gestion   du  souffle  qui  engendre  la  gestion  du  mental  (calme, puissance,  équilibre). Donc  des techniques  aussi  bien  pour  dynamiser,  que  pour  détendre,  ou  pour équilibrer. On  pense  aussi  à calmer  les  émotions  ou  restreindre  les  aspects  sensoriels avec le prânâyâma, car plus une personne respire profondément,  totalement,  plus  elle  se  sent  vivante et  sensitive.

Savâsana: Vous reconnaissez quelque chose à propos de ce mot? Asana à la fin?  Savasana est  connue sous le nom de posture du cadavre (beurk! – mais il y a quand même une idée intéressante derrière cette appellation… on y reviendra…).  Cette posture est essentiellement  une pose de relaxation traditionnellement réservée pour la fin de votre pratique. Lorsque vous entendez ce mot, préparez-vous à vous installer et à relaxer en accueillant les bienfaits de la pratique que vous venez de faire.  La posture où souvent l’on soupire d’aise…

Shanti:  Étymologiquement, « shanti » signifie la paix. Om Shanti est un mantra simple que l’on récite  soit :  pour apaiser notre intérieur et laisser apparaître la PAIX en soi, ou pour célébrer la paix qui est en soi…… après une pratique, par exemple.

Sthira et Sukha : Dans le chapitre II, à l’aphorisme 46, Patanjali définit la posture par la présence simultanée de deux qualités : Sthira sukham āsanam (ferme et confortable devra être la posture). Sthira signifie fermeté, stabilité. Sukha se rapproche du bien-être et du lâcher prise. L’un et l’autre sont intimement liés, de sorte que l’un n’est parfait qu’en présence de l’autre : « C’est l’attention sans la tension, la détente sans la mollesse », selon le commentaire de T.K.V. Desikachar. Ce principe de Sthira et Sukha est souvent proposé autant sur le tapis de yoga que dans la vie de tous les jours…

Ujjayi: Parfois appelé le souffle de l’océan, le sifflement ou le souffle du victorieux. Ujjayi est un type de prânâyâma qui nous permet d’allonger le souffle et qui utilisé durant la pratique de yoga.

On pourrait continuer encore avec Dharma, Moskha, Sankalpa, Samtosha, Viniyoga… etc. On en reparlera, c’est certain.  Mais d’ici là, n’hésitez pas à vous inscrire à notre infolettre pour ne pas manquer la suite : http://yoga-rondeurs.net/suivez-nous/

 

Namasté!

Suzanne Sirois

Professeur et fondatrice du Collectif Yoga Rondeurs