Expansion, joie et ouverture
Dans la continuité de notre escapade méditative du 1e mai dernier
Lors de notre dernière escapade méditative, nous avons pris un moment pour explorer une question toute simple… et pourtant essentielle :
Que se passe-t-il lorsque l’on crée un peu plus d’espace en soi ?
À travers le corps… le souffle… et la présence…
Plusieurs ont nommé une sensation d’ouverture… quelque chose de subtil, mais profondément apaisant. Et pourtant, dans le quotidien, il arrive que l’inverse s’installe doucement.
Avec le temps, le corps peut se faire plus discret. Le haut du dos s’arrondit progressivement, le souffle devient plus court, plus intérieur, et une impression de fermeture peut apparaître. Ce ressenti n’est pas qu’une impression : il s’appuie sur des transformations physiologiques bien documentées.
La diminution de la taille avec l’âge est un phénomène reconnu. À partir de la quarantaine, la perte moyenne est estimée à environ 1 cm par décennie, avec une accélération chez les femmes après la ménopause (Sorkin et al., 1999 ; Huang et al., 2013). Cette évolution s’explique principalement par la déshydratation et l’amincissement des disques intervertébraux, la diminution de la masse musculaire (sarcopénie) et les changements de densité osseuse (Roubenoff, 2000 ; NIH, 2018).
La bonne nouvelle, c’est que certaines de ces transformations peuvent être ralenties, et parfois même partiellement compensées par le mouvement et la posture.
À cela s’ajoute une augmentation fréquente de la cyphose thoracique, soit l’enroulement du haut du dos. Cette modification posturale est associée à un affaiblissement des muscles extenseurs du tronc, à des habitudes de vie sédentaires et à certaines adaptations liées à la fatigue ou au stress (Kado et al., 2004). Cette posture peut également avoir des impacts fonctionnels, notamment une diminution de la capacité pulmonaire et de l’expansion de la cage thoracique (Di Bari et al., 2004).
Des études ont montré que cette posture plus arrondie peut réduire l’espace respiratoire… mais aussi que des exercices ciblés peuvent améliorer l’alignement et redonner de la mobilité au haut du dos.
Ces transformations ne sont pas irréversibles. Le corps possède une remarquable capacité d’adaptation. Des études en biomécanique et en réadaptation montrent que la posture peut être améliorée par des interventions simples et régulières : le renforcement musculaire, les étirements et le travail de mobilité contribuent à améliorer l’alignement et la fonction de la colonne vertébrale (Katzman et al., 2017). Le yoga, en particulier, a démontré des effets positifs sur la posture, la force musculaire et la flexibilité (Cramer et al., 2013).
La respiration joue également un rôle central dans ce processus. Une respiration plus ample, impliquant le diaphragme et les muscles intercostaux, favorise une meilleure oxygénation et améliore la mobilité thoracique. Elle agit aussi sur le système nerveux autonome en stimulant la branche parasympathique, associée à la détente et à la régulation émotionnelle (Brown & Gerbarg, 2005 ; Jerath et al., 2015). Ainsi, en modifiant légèrement la posture et le souffle, il est possible d’influencer aussi l’état intérieur.
Sur le plan physiologique, respirer plus lentement et plus profondément envoie un signal de sécurité au corps… ce qui favorise naturellement la détente et un état intérieur plus ouvert.
C’est peut-être là que la science et le yoga se rejoignent… dans cette idée que de petits gestes répétés peuvent transformer progressivement notre état physique et intérieur.
Par des gestes simples comme :
- ouvrir doucement la poitrine,
- soutenir le haut du dos,
- s’étirer,
- respirer un peu plus largement.
Ce faisant, il devient possible de recréer de l’espace dans le corps. Ces micro ajustements participent à transformer progressivement notre manière d’habiter le corps.
Dans la tradition yogique, on pourrait parler de bhāvanā, une qualité que l’on cultive avec douceur. Ici, celle de l’ouverture… que l’on explore sur le tapis, et que l’on laisse doucement prendre place dans la vie de tous les jours.
Non pas une ouverture forcée ou spectaculaire, mais une disponibilité progressive, une façon de laisser plus de place à la respiration, au mouvement… et à l’expérience.
Et peut-être que c’est cela que plusieurs ont ressenti lors de notre escapade…
Que l’expansion n’est pas quelque chose à atteindre. Que l’ouverture est déjà possible. Et que la joie… n’est pas quelque chose à chercher… mais quelque chose qui peut émerger lorsqu’il y a un peu plus d’espace.
Poursuivre l’exploration
Si vous avez envie de revisiter cette expérience… ou simplement de vous offrir un moment pour ressentir cela de l’intérieur… Je vous laisse ici la rediffusion (disponible pour un temps limité).
👉 https://yogarondeurs.thinkific.com/courses/expansion
Une invitation à prendre ce temps… à votre rythme… sans attente.
👉 https://espace.yoga-rondeurs.net/
💛 Et peut-être… simplement vous ouvrir… juste un peu.
NAMASTÉ !
L’équipe Yoga Rondeurs
Références
- Richard P. Brown & Patricia L. Gerbarg (2005).
Sudarshan Kriya yogic breathing in the treatment of stress, anxiety, and depression: Part I—Neurophysiologic model.
Journal of Alternative and Complementary Medicine, 11(1), 189–201. - Holger Cramer et al. (2013).
Yoga for depression: A systematic review and meta-analysis.
Depression and Anxiety, 30(11), 1068–1083. - Marco Di Bari et al. (2004).
Kyphosis and pulmonary function in older persons.
Journal of the American Geriatrics Society, 52(12), 2061–2066. - Ming-Hui Huang et al. (2013).
Height loss, vertebral fractures, and mortality in older women.
Journal of Bone and Mineral Research, 28(8), 1793–1799. - Ravi Jerath et al. (2015).
Physiology of long pranayamic breathing: Neural respiratory elements may provide a mechanism that explains how slow deep breathing shifts the autonomic nervous system.
Medical Hypotheses, 85(5), 486–496. - Deborah M. Kado et al. (2004).
Hyperkyphotic posture predicts mortality in older community-dwelling men and women.
Journal of the American Geriatrics Society, 52(10), 1662–1667. - Wendy B. Katzman et al. (2017).
Targeted spine strengthening exercise and posture training program to reduce hyperkyphosis in older adults: Results from a randomized controlled trial.
Osteoporosis International, 28(10), 2831–2841. - Ronenn Roubenoff (2000).
Sarcopenia: Effects on body composition and function.
Journal of Gerontology: Medical Sciences, 55A(12), M716–M724. - Jennifer D. Sorkin et al. (1999).
Longitudinal change in height of men and women: Implications for interpretation of the body mass index.
Journal of the American Geriatrics Society, 47(6), 706–709. - NIH Osteoporosis and Related Bone Diseases National Resource Center (2018).
Osteoporosis Overview.
National Institutes of Health.

